L’Afrique est en feu. C’est le constat implacable qu’offrent ces foyers de tension dans une bonne dizaine de pays, notamment ceux situés au centre et à l’ouest du continent.
Du Mali à la Somalie en passant par la Guinée, le Kenya, le Nigeria, la RDC, la Centrafrique et le Soudan, une partie de l’Afrique noire est plongée dans un tourbillon d’instabilité quasi chronique. Promise pour être «l’avenir du monde», l’Afrique renvoie aujourd’hui l’image détestable d’une immense contrée livrée aux violences ethniques, confessionnelles et évidemment politiques. Et il ne faudrait pas s’attendre à ce que la «communauté internationale», si tant est qu’il y en a une, accoure pour arrêter les massacres en série.
En République centrafricaine, le départ du dictateur Bozizé et l’élection de Djotodia en août dernier n’ont pas induit l’arrêt des violences dans ce pays qui souffre de la pauvreté. Au moins 50 personnes on été tuées mardi et des dizaines de blessés dans des affrontements entre ex-rebelles et groupes d’autodéfense à Garga (nord-ouest). La transition politique devant aboutir, au terme de 18 mois, à l’organisation des élections semble très mal partie.
La France, ancienne puissance coloniale, s’est contentée de lancer un SOS par la voix de son Président, lors de l’AG de l’ONU. Pendant ce temps, des civils meurent quotidiennement dans une totale indifférence. En Somalie, les islamistes shebab semblent plus forts que jamais. En signant l’attentat spectaculaire contre le centre commercial à Nairobi, ils ont prouvé qu’ils gardent intactes leurs capacités de nuisance et peuvent frapper au-delà de Mogadiscio. Les chefs du mouvement menacent désormais de mettre le feu dans toute la corne de l’Afrique.
Sévir après Serval…
La force de l’Union africaine en Somalie (Amisom) a, certes, contrarié quelque peu l’avancée des shebab, mais s’avère incapable à elle seule de mettre hors d’état de nuire un mouvement terroriste disposant d’armes sophistiquées. Les Etats-Unis, qui gardent un très mauvais souvenir de la Somalie, hésitent à se réengager.
Le siège pendant quatre jours du centre commercial kényan, qui a fait 67 morts et 39 disparus, est un «glaçant exemple des défis qui attendent la Somalie et la région», commentait la secrétaire d’Etat adjointe américaine chargée de l’Afrique, Linda Thomas-Greenfield. De fait, le dirigeant shebab Abdulkadir Mohamed Abdulkadir, un Kényan d’origine somalienne surnommé «Ikrima», évolue en terrain conquis. En République démocratique du Congo, la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) s’est inquiétée hier d’informations faisant état d’un renforcement militaire de la rébellion Mouvement du 23 mars (M23), active dans l’est du pays.
Les affrontements entre les rebelles du M23 (né de la mutinerie d’anciens rebelles réintégrés par l’armée) soutenu par le Rwanda et l’armée gouvernementale congolaise désormais appuyée par la Monusco, ont fait des centaines de morts. Depuis mai 2012, l’armée congolaise livre une bataille contre le M23 dans la province riche et instable du Nord-Kivu. Des pourparlers de paix ont, certes, repris le 10 septembre dernier à Kampala, mais les protagonistes peinent à faire des concessions. Un peu plus au nord, la secte islamiste Boko Haram sème la mort à tout bout de champ au Nigeria. Les victimes se comptent par centaines, notamment parmi les chrétiens du Sud. L’instabilité dans ce grand pays d’Afrique, riche en pétrole, est devenue proverbiale.
L’Afrique malade de sa «Corne»
Même le Mali, qui a réussi à élire un Président au terme d’un processus de négociation houleux, a fini par enregistrer un retour de flamme. Le sinistre Mujao s’est singularisé, ces derniers jours, par une succession d’attentats à Tombouctou et Gao, à coups d’obus et de voitures piégées. Une façon de signifier qu’il compte survivre et même sévir après Serval…
Un peu plus bas, la Guinée d’Alpha Condé risque de déraper à tout moment. La faute à un scrutin législatif qui n’est pas au-dessus de tout soupçon selon les observateurs internationaux. Déjà que des dizaines de personnes ont péri depuis le début de l’année à cause, précisément, de ce processus électoral cousu de fil blanc par le parti du président Condé.
Il y a donc tout lieu de craindre la résurgence des tensions communautaires qui refermeront la parenthèse enchantée d’un retour à la stabilité amorcée en 2010. Le Soudan est lui aussi entré dans une zone de turbulences. Après avoir «réussi» à diviser son pays en deux, le président Omar El Béchir fait face à une révolte populaire suite à la hausse du prix des carburants. La raréfaction des produits pétroliers pourrait servir de carburant à un mouvement de désobéissance civile contre un régime autoritaire au pouvoir depuis 1989.
Il y a donc tout lieu de craindre la résurgence des tensions communautaires qui refermeront la parenthèse enchantée d’un retour à la stabilité amorcée en 2010. Le Soudan est lui aussi entré dans une zone de turbulences. Après avoir «réussi» à diviser son pays en deux, le président Omar El Béchir fait face à une révolte populaire suite à la hausse du prix des carburants. La raréfaction des produits pétroliers pourrait servir de carburant à un mouvement de désobéissance civile contre un régime autoritaire au pouvoir depuis 1989.
Environ 70 personnes ont été tuées par le bras armé du régime de Omar El Béchir à Khartoum depuis le déclenchement des manifestations le 23 septembre dernier. Et pour boucler ce petit tour d’Afrique en feu, il convient de souligner que la «braise» du Sahel et du Sahara ne semble pas près de s’éteindre.
Le «Far West» libyen constitue désormais un puissant pourvoyeur de fonds, d’armes et de djihadistes de cette partie de l’Afrique.
On saisit mieux le souci du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, de faire de l’Algérie «un exportateur net de stabilité». Mais force est de souligner que l’Algérie aura fort à faire (financièrement et militairement) pour mener à bien cette tâche ingrate de pompier de circonstance pour suppléer le manque d’engagement des grandes puissances en mal de finances.
http://bellafric.blogspot.com/2013/10/lafrique-en-feuseule-elle-va-se-secourir.html
Le «Far West» libyen constitue désormais un puissant pourvoyeur de fonds, d’armes et de djihadistes de cette partie de l’Afrique.
On saisit mieux le souci du ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, de faire de l’Algérie «un exportateur net de stabilité». Mais force est de souligner que l’Algérie aura fort à faire (financièrement et militairement) pour mener à bien cette tâche ingrate de pompier de circonstance pour suppléer le manque d’engagement des grandes puissances en mal de finances.
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